MÉTÉO

Conditions Atmosphériques et autres

Été - Hiver.

    Le Bar a une prédilection marquée et impérative pour les eaux peu profondes.

    Cette contradiction avec les mœurs des autres espèces joue sur de nombreux points et en particulier sur les conditions atmosphériques.

Ainsi le Bar est un poisson de mauvais temps qui ne se sent vraiment à son aise que dans des eaux tumultueuses.

    Et cette mer agitée, voire démontée, nécessite obligatoirement des vents de face ou, pour le moins, de trois-quart. Ces vents seront donc, pour la grande majorité de la côte Bretonne, sud, sud-ouest, ouest,  nord-ouest.

    Les meilleurs, indiscutablement, seront Sud-ouest et Ouest. autrement dit exactement l'opposé valable pour les autres espèces et le Lieu en particulier ( en toute règle, il faut envisager l'exception... qui la confirme).

La pêche n'échappe pas à cette loi. Si votre secteur côtier est orienté différemment, il n'est pas exclu qu'un vent d'Est, s' il souffle de face, puisse être excellent. Je n'ai jamais eu l'occasion d'expérimenter le fait mais c'est une hypothèse à envisager).

    L'inconvénient de ces vents est qu'ils sont des vents de pluie.

    En conséquence le pêcheur de Bars ne devra pas craindre cette dernière et, dans ce but, il aura intérêt à s'équiper en conséquence.

Il devra s'apprêter, surtout en début et en fin de saison, à affronter les déluges célestes. Disons, à titre d'encouragement, que la pluie n'a aucune influence fâcheuse sur le comportement du Bar et, qu'au contraire, elle semble atténuer grandement sa méfiance.

    Toujours en opposition avec les autres conditions de pêche, l'ampleur croissante de ces vents ne sera que profitable pour la recherche du Bar.

    Il me faut ici m'arrêter sur ce point et la détailler minutieusement.

    De nombreux auteurs, dans leur souci, louable certes, de bien faire, ont défini très exactement les conditions favorables de pêche, selon eux.

    Ils ont, pour cela, choisi un exemple type, auquel de nombreux pécheurs se référent... s'abstenant, si ces conditions idéales ne sont pas atteintes ou sont dépassées. Là est l'erreur.

Il y a évidemment un minimum... que nous allons essayer de définir.

    Ainsi on vous dira que la mer est bonne pour le Bar s'il y a X rouleaux sur les plages. Or chacun sait que le nombre de ces rouleaux est proportionné à la déclivité de la plage sur laquelle ils se forment. 10 rouleaux ici et 2 là peuvent découler d'une mer identique.

    Pour un profane, cela peut sembler, a priori, différent. Disons donc, pour simplifier les choses, que la mer est bonne pour le Bar dès qu'il y a de l'écume, visible à plusieurs kilomètres de distance, autour des rochers.

    Rassurez vous, cela ne signifie pas une mer déchaînée, loin de là, il y aura seulement une " bonne brise " comme disent les marins, à moins que cette écume ne soit provoquée par une houle issue elle même d'une perturbation lointaine.

A partir de ce stade plus la mer sera forte, mieux cela vaudra. Vous serez seulement, selon les stades successifs atteints, dans l'obligation de changer de secteur. I

l est bien évident, et la lecture des chapitres précédents permet de le comprendre aisément, que ces considérations sont surtout valables l'été.

    A partir du minimum d'agitation nécessaire pour réussir rentablement, quels peuvent être, pour un secteur donné, les empêchements de pratiquer ?

    D'abord le vent, qui peut être très gênant, suivant son ampleur et pouvant même, parfois, interdire toute pratique. Sans aller jusqu'à la recherche de l'abri total, généralement néfaste, puisque synonyme de calme, il faut biaiser et rechercher l'abri relatif d'un rocher, d'une falaise, coupant et atténuant sensiblement l'effet du vent.

 

    Il faut parfois encore tenir compte de la houle qui découle généralement (pas toujours comme par exemple dans le cas, déjà cité, d'une perturbation ayant lieu très loin au large), d'un vent localement établi.

    Sur une côte à la faible déclivité, la mer peut déferler dangereusement; dans la mesure du possible il faut choisir un endroit plus profond ou, mieux encore, dont les avancées rocheuses atténuent ou stoppent le déferlement en remplissant l'office de brise-lames.

    D'ailleurs ces conditions particulières ne sont souvent que meilleures. L'on peut encore se résoudre à pêcher de haut mais cela n'est pas très recommandé à cause de l'impossibilité quasi absolue de manœuvrer une belle pièce.

    Il ne faut pas, toujours à propos de la houle, se buter sur la prospection d'un coin réputé excellent dans des conditions normales.

Cet endroit peut être peu rentable dans le cas d'une houle excessive, par contre, d'autres coins ne payant pas de mine et dont la prospection n'est habituellement pas formidable peuvent, dès que l'eau y est plus agitée que d'habitude, devenir provisoirement excellents.

    Enfin il est encore un empêchement majeur, hélas très fréquent, auquel il est difficile de pallier. Bien qu'il s'agisse, en fait, d'un empêchement purement matériel, je me dois de le traiter dans ce chapitre puisque découlant directement des facteurs précédents.

    Il s'agit des nombreuses algues flottantes, véhiculées par le flot quelques heures après le déclenchement d'une tempête.

De simplement gênantes, elles peuvent, selon leur densité progressive, rendre vaine toute pratique du lancer qui consiste alors, selon l'expression imagée d'un ami cher, à ramener de la " salade ".

    Le pêcheur au lancer devra tenir compte de ce fait lors de l'établissement d'un programme de pêche. S'il devra se réjouir du déclenchement d'une tempête, il lui faudra aussi pêcher dès que la mer commencera à remuer sérieusement.

Plus que jamais ici le proverbe "Ne remettez pas à demain... " est valable. En effet, sauf évidemment si la perturbation est passagère, mais les vents de face s'établissent rarement pour une très brève période, demain il sera trop tard.

    Les algues provenant du large et véhiculées toute la nuit aborderont généralement la côte dès les premières heures du jour et rendront votre leurre ou appât inefficace en les coiffant de " chevelures " dont ils se passeraient fort bien. Cet apport constant de végétaux marins ne cessera qu'avec la tempête elle-même.

    En été, alors que la mer est généralement peu agitée, le pêcheur devra impérativement, s'il veut réussir quelques prises, axer ses sorties de pêche sur les heures très matinales ou, à la rigueur, sur celles du soir.

J'ai constaté que pendant les mois chauds (juillet, août), le Bar, quel que soit le stade de marée, ne donne souvent que pendant un laps de temps très court (1/4 d'heure environ). Cet instant, difficile à préciser exactement, débute généralement le matin dès que l'on peut distinguer assez nettement les " incidents " (roches, failles, hauts fonds émergeants) proches du coin prospecté. Il s'achève brusquement dès qu' il fait grand jour.

Il est assez rageant alors que l'on dispose parfois de loisirs, de voir limiter la séance de pêche à quelques minutes, ce qui nécessite en plus le lever à des heures très matinales (3 et 4 heures du matin).

    Je crois pouvoir situer avec certitude le début de cette passée à 4h 45 en Juillet, Août, à 5 heures tout est généralement terminé. J'ai tenté, maintes fois, pour compenser ce handicap, de pêcher plus tôt, alors que le jour n'était pas encore levé, cela en pure perte.

    Il en est de même pour le coup du soir. Le poisson donne bien un 1/4 d'heure avant la tombée du jour, parfois une 1/2 heure avant mais rarement. A la nuit faite, il n'y a plus qu'à plier bagages.

    Ceci pour le lancer seul car d'autres modes de pêche, que je traiterai ultérieurement, peuvent être productifs.

    Lorsque les eaux sont bien agitées, la chaleur semble plaire au Bar. Cette activité est probablement due à un apport supplémentaire de nourriture. Chose étrange, en hiver le froid semble également influer sur l'activité du Bar qu'il décuple (1).

Ce sont justement ces comportements contradictoires qui me paraissent en rapport avec des facteurs nourriciers (2).

    Il me paraît utile, avant de clore ce chapitre, de toucher deux mots des marées.

    Dans mon secteur côtier et pour tout autre poisson que le Bar les différentes sortes de marées sont d'inégale valeur. Les meilleures semblent être celles dites moyennes de vives-eaux.

Par morte-eau le poisson ne travaille pas, sans doute à cause du manque total de courants de flux et de reflux. Il en est de même pour les grandes marées et cela, a priori, peut sembler bizarre.

En réalité, je pense que les courants violents localisent ou dispersent le poisson.

De plus, les eaux sont souvent sales et charrient d'innombrables débris. Pour le Bar, par contre, il en est tout autrement.

Toutes les marées sont bonnes... avec cette seule restriction que l'on doit, suivant le type de marée du moment, changer de secteur.

Ainsi, par grande marée, la prospection des plages et grèves me paraît meilleure.

Cela peut, à mon avis, s'expliquer par le fait que le Bar, infatigable fouineur et goulu insatiable, s'aventure très loin en des coins rarement atteints par la mer et par conséquent souvent riches en nourriture variée.

    Par marée normale, il faudra respecter le processus habituel de prospection, c'est-à-dire, comme il a été conseillé antérieurement, pêcher le rocher jusqu'à au moins la troisième heure de montée du flot, puis, ensuite, pratiquer de terre.

    Par morte-eau, la seule prospection du rocher s'avère généralement plus rentable, sauf cas particuliers.

    (1) Ce qui fait qu'exceptionnellement des vents de secteur Est (N-E, E, S-E) peuvent être excellents, même soufflant de dos, et ce malgré une mer d'huile.

    (2) En rapport avec le renvoi précèdent, la présence de Bars dans les conditions précitées est souvent due à celle de bancs de poissonnets migrateurs (éperlan, prêtres, sprats).

        Les notes ci-dessus sont extraites :

  • LES PÊCHES SPORTIVES DU BAR.
  • Par JEAN DEMIL
  • Éditions BORNEMANN, Paris

 

 

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